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Ardentes et entreprises côté finances
Un cornet rempli entre les doigts, il vous convaincrait, sincère, souriant et serein… que les frites ne sont pas grasses du tout. Mais lorsque l’on joue, en quelque sorte, le rôle de banquier public à destination des entreprises qui investissent, et quand on a la tête sur les épaules, se montrer à la fois convaincant et rassurant sont des atouts indéniables.
Directeur général du Groupe Meusinvest, Gaëtan Servais a 42 ans. Depuis 2009, il concrétise ses aspirations à l’entrepreuneuriat. Non pas en créant lui-même sa ou ses sociétés (puisque les rencontres et orientations de la vie l’ont mené sur d’autres terrains) mais dans l’accompagnement des entreprises. Meusinvest est en effet une société publique spécialisée dans le financement à risque des PME et l’aide financière aux entreprises, depuis 1985, en région liégeoise.

tempo« Lorsque la crise a débuté en 2008 avec Fortis, on tablait sur une mauvaise conjoncture limitée à 2 ans. Il s’est ensuite avéré que les PME liégeoises disposaient de fonds pour tenir le coup, mais pas suffisamment par rapport au prolongement de la crise ! Nous avons donc eu un rôle à jouer dans un contexte de ralentissement. Actuellement, nous avons 215 sociétés en portefeuille pour une enveloppe de 200 millions d’euros d’investissements. Cela représente environ 4500 emplois directs. » Les aides vont de 25.000€ à 2 millions d’euros.

Tous les mois, la société publique intervient donc dans 4 ou 5 nouvelles sociétés qui se portent bien et qui veulent investir. Exemple : Samtec, ancienne spin-off de l’université de Liège spécialisée dans la simulation aéro-spatiale et récemment rachetée par un groupe flamand. « A la suite de son rachat, nous avons revendu notre participation dans l’entreprise et engrangé une plus-value représentant 10 fois le montant de 500.000€ engagé il y a 25 ans. C’est important pour nous de voir à la fois qu’une entreprise traverse la crise et que l’opération va nous permettre d’en faire profiter d’autres. » Et de citer des exemples : Automation & Robotics (Verviers), Galva Métaux (Huy) ou CET composants électroniques (Wandre).

Licencié en sciences économiques à l’Université de Liège (orientations principales : Politique économique et économétrie), Gaëtan Servais y a ensuite été assistant de recherches avant de transiter par le Bureau Fédéral du Plan, le Conseil économique et social de la Région wallonne puis, en tant que conseiller, par le bureau d’Elio DI RUPO, Ministre-Président de la Région wallonne. Il rallie ensuite le cabinet de Jean-Claude VAN CAUWENBERGHE alors Ministre-Président de la Région wallonne .

En 2001, il devient chef de cabinet de Marie ARENA, Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle en Région wallonne puis de Philippe COURARD, Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Avant de retrouver Marie Arena (comme directeur de Cabinet) devenue Ministre-Présidente de la Communauté française.

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Mais depuis 2006, Gaëtan Servais est également co-organisateur du festival Les Ardentes. Président de l’asbl Festiv@liège et gérant de la sprl Les Ardentes, ces implications ont encore amplifié sa passion pour la musique, un hobby dont il ne saurait pas se passer. Du rock indépendant (Sonic Youth, Pavement, dEUS…) il est passé à quelque-chose de plus diversifié et même à la musique électronique. « J’en écoute énormément et je joue aussi de la guitare. En dehors de ça, avec mon boulot, je n’ai plus guère le temps de skier ou de faire autre chose que de passer du bon temps en vacances avec mes enfants. » Si Fabrice Lamproye reste la cheville ouvrière du festival, Gaëtan bosse sur le fond et les sponsors.

Mais pourquoi deux entités juridiques (sprl Ardentes et asbl Festiv@liege) différentes pour un même festival ? « Contrairement à d’autres festivals, nous gérons les bars nous-mêmes. L’administration fiscale nous a demandé de ne pas mêler l’activité subsidiée, bénéficiaire d’une convention Plasma et d’employés de statut APE des Ardentes Club (concerts toute l’année, ndlr) … avec celle des Ardentes & Transardentes proprement dites qui, elle, reçoit moins de 3% de subsides publics et reste soumise à la TVA, mais aussi à l’ISOC. Tout aurait été, en outre, taxé de la même manière. »

Côté money, les Ardentes et les Transardentes représentent un chiffre d’affaire global de 4 millions d’euros. En 2010, une perte de 125.000€ clôturait l’exercice. Cette année, on s’attend à un bénéfice qui on l’espère compensera intégralement cette perte de 2010. « Mais ma plus grosse satisfaction est qu’on aie pu attirer des pointures comme Pete Doherty ou Beth Ditto, qui ne seraient jamais venues à Liège sans les Ardentes. »

http://www.lesardentes.be/2014/fr

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