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La réforme des régions, nouvelle étape vers un Reich européen

Dès 1998, Yvonne Bollmann publiait La Tentation Allemande aux éditions Michalon, et mettait en garde la France des nouvelles volontés de l’Allemagne de vouloir reprendre l’Alsace. Dans notre article paru en octobre 2012, Les volontés d’autonomie des régions, réalisation du Reich ?, nous parlions déjà six mois avant le référendum alsacien d’un certain plan allemand pour casser la France comme nous le disait Yvonne Bollmann. Auteur de La Bataille des langues en Europe (2001) et de Ce que veut l’Allemagne (2003), Yvonne Bollmann nous donne aujourd’hui son point de vue sur les nouvelles régions découpées en France, sur les cérémonies du D-Day.

LVdlR — Que signifie selon vous ce nouveau découpage de la France avec ces 14 nouvelles régions ?

Yvonne Bollmann — C’est de la standardisation territoriale, format DIN. Le budget et le pouvoir des Länder font rêver bien des présidents de conseils régionaux. Jean-Paul Huchon, d’Ile-de-France, est « pour un système de régions à l’allemande », regrettant qu’on n’ait « jamais pensé à fédéraliser le fonctionnement de l’État français ». Pour Alain Rousset, d’Aquitaine, nos régions sont « des nains politiques » comparées à Hambourg (tous deux sur France Culture). Il s’agit de mettre la France aux normes du Reich européen. Dans cette structure à caractère féodal marquée par la concurrence à tous les niveaux, le triptyque républicain Commune/Département/État, issu de la Révolution française, fait désordre. Comme s’il fallait, par l’emprise physique et mentale de la région, extirper à tout jamais du peuple de France l’aspiration à vivre dans un pays un et indivisible appartenant en son entier à chacun de ses citoyens.

LVdlR — Dans Eurodistricts : un marché de dupes ?, un article de 2010, vous dénonciez le projet de mainmise de l’Allemagne sur l’Alsace, et sa volonté de casser la France par une renaissance de ses régions. Votre analyse est-elle devenue réalité ?

Y.B. — Cela commença aux frontières par la création d’eurorégions, d’eurodistricts et autres groupements européens de coopération territoriale. C’est à présent l’ensemble du territoire français qui est en passe d’être restructuré à l’européenne, devenant par-là même plus aisé à défaire. Le processus rappelle le projet de l’Allemagne, contemporain de la Première Guerre mondiale, d’affaiblir l’adversaire russe (voir http://www.german-foreign-policy.com/de/fulltext/58816). Le publiciste allemand Paul Rohrbach avait alors comparé la Russie à une orange – de la couleur qu’allait prendre en 2004 la révolution ukrainienne : « De même que ce fruit est fait de quartiers faciles à détacher l’un de l’autre, l’empire russe l’est de ses différents territoires : provinces baltes, Ukraine, Pologne, etc. ». Il suffisait, pensait-il, « de détacher ces territoires les uns des autres, de leur accorder une certaine autonomie, pour mettre fin au grand empire russe ». La constance dans l’action et la méthode sont restées les mêmes, et s’appliquent aussi à la France.

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Note de la rédaction de Croah

Un extrait du nouveau livre du professeur Pierre Hillard :

Enfin, rappelons que cette zone de libre-échange transatlantique, devant théoriquement aboutir en 2014/2015, se renforce au fur et à mesure que la régionalisation démantèle les États européens. Ces régions traitant de plus en plus avec Bruxelles – aux dépens des États nationaux – où se concentrent tant de lobbies américains, permettent à l’UE de parler d’une seule voix tout en démantelant les services publics. En 2000, le prix Charlemagne, accordé aux personnes œuvrant en faveur de la construction européenne, fut attribué au… président Clinton. Est-ce un hasard si le président des États-Unis a évoqué avec enthousiasme et chaleur la nécessité de voir le processus de régionalisation se renforcer en Europe ? Quand on pense que pendant des années, les européistes ont clamé que l’UE ferait contrepoids aux États-Unis, c’est vraiment l’hôpital qui se f… de la charité.

Pierre Hillard, Chroniques du mondialisme, page 102
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